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Cancer de l’enfant : Gouvernement, Ordre de Malte et Mori’sChild unis pour redonner espoir, alors que le Cameroun enregistre 1500 nouveaux cas par an

À la veille de la Journée Internationale du Cancer de l’Enfant, une causerie éducative et de sensibilisation s’est tenue le vendredi 14 février 2025 à la Fondation Chantal Biya à Yaoundé.

Organisée par la Fondation Chantal Biya en partenariat avec l’Ordre Souverain de Malte et l’association humanitaire Mori’sChild, cette rencontre a réuni enfants malades, parents, personnel soignant, membres de Mori’sChild et dirigeants.

Étaient présents : M. Jean-Stéphane Biatcha, Secrétaire Exécutif de Synergies Africaines, et Son Excellence Jean-Christophe Heidsieck, Ambassadeur de l’Ordre Souverain de Malte au Cameroun.

1500 nouveaux cas par an au Cameroun, 80% guérissables

Le chiffre clé a été donné par le Pr. Pondy Angèle, Cheffe du Service d’Hémato-Oncologie de la Fondation Chantal Biya : le Cameroun enregistre environ 1500 nouveaux cas de cancers pédiatriques chaque année. Dans le monde, ce sont 400 000 enfants diagnostiqués annuellement.

Pourtant, l’espoir est réel :

« Quand on regarde la littérature et la population camerounaise, nous attendons 1500 nouveaux cas par an. Dans notre unité, nous recevons environ 300 cas dont 125 nouveaux chaque année. [...] Nous avons toutes les formes de cancers, même ceux qu'on pensait ne pas exister chez les Africains. La différence, c'est qu'on ne savait pas les diagnostiquer. [...] Jusqu'à 80% de ces cancers peuvent guérir uniquement avec la chimiothérapie », a expliqué le Pr. Pondy Angèle.

Elle a cité l’exemple de deux petites filles, l’une atteinte de sarcome abdominal, l’autre de lymphome lymphoblastique, aujourd’hui guéries et en pleine forme.

Le Gouvernement annonce un futur Institut de lutte contre le cancer

Pour le Pr. Nkegoum Blaise, Secrétaire Permanent de la Lutte contre le Cancer au Ministère de la Santé Publique, l’État s’organise :

« Le Ministère a développé de nouveaux programmes pour combattre le cancer pédiatrique. Dans les années à venir, nous mettrons en place un Institut de lutte contre le cancer avec un focus particulier sur l’oncologie pédiatrique, et les appuis financiers seront orientés vers le cancer de l’enfant. »

25 ans de partenariat exemplaire : le modèle camerounais salué

L’Ambassadeur Jean-Christophe Heidsieck a souligné que le Cameroun est un modèle en Afrique Centrale en matière de prise en charge du cancer de l’enfant. Un succès qui repose sur 25 ans de partenariat tripartite.

« Cela fait exactement 25 ans que ce projet d’oncologie pédiatrique a démarré ici à Yaoundé, de la rencontre entre le Professeur Lemaire, spécialiste français, et le Professeur Doumbe, grand spécialiste camerounais. Au début, cette maladie était taboue, cachée, oubliée. Aujourd’hui, c’est une maladie comme une autre et les parents n’ont plus peur d’amener leurs enfants, sachant qu’ils seront bien soignés et la plupart du temps guéris. »

Il a détaillé ce modèle unique : la Fondation Chantal Biya fournit les locaux et le personnel, le Centre Pasteur assure les analyses à prix préférentiel, l’Hôpital Central et l’Ordre de Malte financent l’achat des médicaments et les traitements.

L’Ambassadeur a également annoncé un prochain gala de charité en juin 2025 :

« Il y a quelques années, nous avons organisé des galas de charité. Les deux premiers ont eu des résultats satisfaisants. Nous espérons que le prochain permettra de tripler le montant. Il faut savoir que pour sauver la vie d’un enfant atteint de cancer, il faut entre 2 et 3 millions de FCFA. Chaque fois que nous collectons 2 ou 3 millions de plus, c’est une vie sauvée. »

Mori’sChild : soigner le moral pour mieux soigner la maladie

Au-delà du traitement médical, Mori’sChild apporte ce que l’hôpital ne peut pas toujours offrir : le soutien psychosocial.

Ruth-Grâce Ngo Nyobe, Présidente Fondatrice de l’association, a rappelé sa mission :

« À travers nos activités, nous venons renforcer et améliorer la qualité de vie des enfants pendant leur séjour à l’hôpital. Même malade, un enfant a droit à l’éducation, aux loisirs. Il faut le reconnecter à sa vie. »

C’est tout le sens du projet phare « Happy Class », qui permet aux enfants hospitalisés de poursuivre leur scolarité.

Elle a insisté sur la nécessité de briser les préjugés :

« Dans notre contexte, le mot cancer renvoie à la mort, avec toutes les considérations culturelles et les préjugés. Pourtant, vous avez vu les témoignages. Des enfants qui étaient ici tout petits grandissent aujourd’hui, guéris. Le cancer de l’enfant se guérit quand le diagnostic est précoce et que le traitement est suivi dans les centres de référence. »

Ruth-Grâce Ngo Nyobe a lancé un appel à la solidarité : aucun geste n’est insignifiant. « 100 FCFA peuvent acheter une seringue, 200 FCFA une paire de gants. »

Le cancer reste une cause majeure de mortalité infantile dans le monde, particulièrement dans les pays en développement. Mais à la Fondation Chantal Biya, la preuve est faite : avec un diagnostic précoce et une prise en charge adéquate, la guérison est possible.

https://timesnews2.info/childhood-cancer-govt-order-of-malta-morischild-restore-hope-as-cameroon-records-about-1500-new-cases-each-year/

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